Από τη μητρική αγάπη στην παιδοκτονία

 
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2017 (EN)
Από τη μητρική αγάπη στην παιδοκτονία (EL)
De l'amour maternel à l'acte de l'infanticide. De la Médée d'Euripide à la Médée de Sénèque et d'Anouilh: l'esprit révolutionnaire et les «dispositions féministes» du poète tragique grec (FR)

Κατούντα, Σύλβια

[Δε διατίθεται περίληψη] (EL)
Ce travail est une étude comparatiste de Médée d'Euripide, de Sénèque et la transposition du mythe ancien dans le théâtre d'Anouilh, au croisement de l'herméneutique littéraire et de l'anthropologie sociale. La thématique de l'infanticide, commune dans ces pièces, fournit le point de départ d'une démonstration qui s'attache à mettre au jour un questionnement sur la place de la femme dans la société et le théâtre. En entreprenant cette étude, notre objectif principal est de mettre au jour la dimension sociale dont les situations fictionnelles inventées par les trois auteurs étaient porteuses. La reprise du mythe par Sénèque et Anouilh constitue une nouveauté et notre parcours de lecture s'efforcera de mettre en valeur l'originalité dramatique de ces auteurs. Même s'ils doivent beaucoup à leur prédécesseur, leur oeuvre est, avant tout, une création originale. Le mythe de Médée a été adapté à une conception nouvelle de l'art et de l'esthétique théâtrale. Le mythe devient ainsi le prétexte pour la création d'un univers qui se trouve en rupture quasi totale avec ses origines. Alors qu'Euripide a présenté un être certes impitoyable, mais humain dans sa cruauté, Sénèque et après lui Anouilh ont choisi de camper un être inhumain, véritable génie du mal, dont la nature profonde est d'être criminelle. Abandonnée par celui auquel elle a sacrifié sa vie, Médée, abîmée par sa douleur, devient criminelle. Mais si Médée en arrive à l'infanticide, c'est dans le cadre social qu'Euripide inscrit cette violence d'une extrême barbarie. C'est l'inefficacité des institutions en vigueur et le disfonctionnement de la cité qui fait de la maternité une prison, du mariage une oppression, de la victime une coupable. D'un seul geste, en tuant ses propres enfants, Médée met en cause un système qui se structurait institutionnellement autour de l'exclusion et de l'infériorité prétendue de la femme. Si Euripide remanie donc le mythe, c'est précisément pour critiquer les institutions de son époque. Médée tâchera de détruire les préjugés d'une société qui veut que la femme soit éternellement esclave de son mari, prisonnière du foyer et simple reproductrice de l'espèce humaine.A la différence d'Euripide qui a eu la préoccupation constante de ne pas noircir le personnage de sa héroïne, Sénèque et Anouilh se situent à côté de Jason et nous présentent, dès le début, une femme dénaturée et monstrueuse. La Médée de Sénèque n'est pas seulement un personnage cruel, mais aussi et surtout sadique. La Médée d'Anouilh est un personnage destitué de toute humanité, plus proche au royaume des animaux. La Médée de Sénèque et d'Anouilh semblent bien s'inscrire dans un profound courant misogyne. A la différence de ces deux auteurs, Euripide est le seul qui a exprimé à travers sa pièce un véritable «féminisme» qui mérite d'être souligné. Ce qui est le plus impressionnant c'est que la révolte de la Médée moderne ne se dirige pas contre la société mais contre son sexe! L'indignation de Médée contre son sexe implique forcément une valorisation de la virilité. Suivant la théorie de Freud, la sexualité de la femme chez Anouilh est conçue par rapport au modèle masculin. Médée méprise son sexe et sa nature féminine pleine de «faiblesse». Médée, projetée au XXe siècle, se révolte d'être née «amputée», d'être née femme. Le corps de femme est désigné comme le lieu de la vulnérabilité, de la dépendance sexuelle, et la féminité est fondée sur la théorie misogyne de l'infériorité. Cette souffrance qu'éprouve Médée par rapport à sa féminité valorise la virilité, qui signifie pour l'auteur moderne liberté, invulnérabilité et indépendance. Médée, étant femme, est ontologiquement blessée. Le corps féminin devient «la prison», le piège qui cache la fragilité de la femme, en lui interdisant la révolte et le recommencement. Son suicide et la mort de ses enfants laissent Jason indifférent et le public blessé par la violence et la brutalité de ce personnage, ainsi que par la misogynie de son auteur. (FR)

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Γλώσσες & Λογοτεχνία (EL)
Languages and Literature (FR)

Ελληνική Εταιρεία Γενικής και Συγκριτικής Γραμματολογίας (EL)
Greek General and Comparative Literature Association (EN)

Σύγκριση

Greek

2017-02-01


Ελληνική Εταιρεία Γενικής και Συγκριτικής Γραμματολογίας (GCLA) (EL)

1105-1361
2241-1941
Σύγκριση; Vol 18 (2007); 125-148 (EL)
Comparison; Vol 18 (2007); 125-148 (EN)

Copyright (c) 2016 Σύλβια Κατούντα (EN)



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